08 mai 2007
Premières 24 heures de Sarkozisme
Je me suis remis plus lentement de la défaite que mon complice, Djeurome et ce n'est que maintenant que je me décide à reposter sur ce blog.
J'ai décidé de le maintenir jusqu'aux législatives même s'il ne s'agit plus d'élire Super Wonder Woman. J'espère que Djeurome continuera de m'accompagner dans le mois qui se présente à nous.
Je crois que c'est important car le combat que nous avons mené pendant des semaines pour permettre une alternance démocratique et progressiste qui aurait pu revigorer notre démocratie fait encore sens dans le combat pour les élections qui arrivent.
On peut même se prendre à rêver d'imposer une cohabitation au nouveau chef de l'Etat que la France s'est choisie (c'est certes peu crédible). N'oublions pas qu'au-delà du travail de sape mené contre notre Super Wonder Woman (visiblement Eric Besson est parti en piquant les bracelets pare-balles et le lasso qui fait dire la vérité aux adversaires), il y a un projet qui en étant clarifié et synthétisé peut encore séduire les Français. Un projet sur des valeurs de gauche, des valeurs qui avaient déjà largement séduit les Français lors des régionales et des européennes, des scrutins qui sont pourtant historiquement défavorables à la gauche. Et, quelle que soit l'issue de ces élections à venir, il est important que l'UMP soit la plus faible possible pour limiter le pouvoir de nuisance de Nicolas Sarkozy. Il veut tendre la main à la gauche ? Envisage un gouvernement "d'ouverture à la gauche" ?
Prenons l'Assemblée nationale et imposons lui des ministres de gauche ! :-D
Si la victoire est peu probable, faire de l'Assemblée nationale un lieu de contre-pouvoir à Nicolas Sarkozy est possible. Pour cela, il faut un parti uni derrière ses dirigeants et un parti à la fois ouvert aux verts et aux communistes mais peut-être aussi au futur parti de François Bayrou.
Que l'on me comprenne bien, il ne s'agit pas de droitiser le PS ou de déplacer le centre de gravité d'une alliance de gauche mais de tenir compte d'une évolution constante de François Bayrou et de son électorat depuis quelques mois et en particulier depuis 15 jours.
Je ne parle pas ici d'une alliance avec l'UDF puisque je n'ai pas hésité à faire le procès de cette alliance au regard des habitudes politiques de l'UDF et des choix politiques de ses cadres mais d'élargissement éventuel d'une plateforme législative à un nouveau parti. François Bayrou veut créer un nouveau parti se trouvant au centre et plus à gauche que l'UDF puisque ses cadres l'ont quitté et veulent s'ancrer dans l'alliance avec l'UMP en conservant l'UDF ? Très bien cela va dans le sens de son électorat qui s'est porté pour moitié sur Ségolène Royal au second tour. François Bayrou veut qu'il y ait un contre-pouvoir au pouvoir absolu de Nicolas Sarkozy, que souhaiter de plus dans la perspective des élections qui arrivent ?
Souvenons-nous des alliances de gauche victorieuses qui se sont ouvertes aux partis de centre gauche avec à leur tête Léon Blum ou Pierre Mendès France. Il ne s'agit pas de renoncer à l'identité socialiste mais au contraire de l'affirmer encore plus fort au sein d'une plateforme pour un contre-pouvoir législatif à une droite autoritaire, libérale et liée aux pouvoirs industriels, financiers et médiatiques. C'est sur cette base que les meilleurs résultats pourront être atteints dans les scrutins qui approchent.
Cela ne saura possible que si François Bayrou décide d'aller au terme de l'évolution qui l'a conduit à critiquer durement Nicolas Sarkozy, à débattre de manière positive avec Ségolène Royal, à déclarer qu'il ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy et enfin à créer un nouveau parti. La suite logique de cette évolution serait de s'ancrer dans une position constructive à Nicolas Sarkozy. Les institutions de notre République ne permettant pas l'existence d'un centre autonome, il lui appartient de se rapprocher encore du PS ou alors de voir son espace politique réduit à la part congrue et ses efforts devenir vains. Ce n'est pas au PS de se droitiser ou de se recentrer mais à François Bayrou de se positionner clairement. Cette décision lui appartient.
Dans cette perspective, il sera possible de toucher en un mois, cet électorat qui semble aujourd'hui si éloigné du parti de notre Super Wonder Woman et qui sera dur à reconquérir . C'est-à-dire celui des zones rurales, et des personnes âgées, les plus de 65 ans ayant voté à plus de 70 % pour Nicolas Sarkozy (c'est probablement là que s'est construite la défaite, Ségolène Royal obtenait de meilleurs scores il y a 6 mois dans cette catégorie d'âge, source : Libération). Cette vision peut paraître surprenante aux habitués de ce blog, mais je n'ai aucune envie de voir un Sarkozy omnipotent. La France d'après, nous savons déjà à quoi elle va ressembler. Elle va ressembler à une France où l'on veut ficher génétiquement des enfants de 8 ou 11 ans qui ont volé pour 50 euros de tamagoschis et balles bondissantes (finalement payés par leur mère) dans un supermarché (ça vous surprend ? Lisez cet article). Elle ressemble à un Président qui va fêter sa victoire sur le yacht de l'un des Français les plus riches, accessoirement puissant industriel lié au pouvoir médiatique... Elle ressemble à une France où des jeunes écoeurés de l'avenir qu'on leur promet exprime leur rage dans un déni contreproductif et inquiétant du suffrage universel !
Arlette Laguiller a compris que face à ce danger, il fallait mettre sa fierté de côté sans renier son identité et faire front. Les dirigeants du PS, les verts, les communistes et François Bayrou le comprendront-ils ausis en affichant une attitude claire et constructive ?
Je n'ai aucune influence là-dessus, mais je le souhaite. Quoi qu’il arrive espérons que les fans de Super Wonder Woman fassent le plein de voix aux législatives.
02 mai 2007
Le discours de Ségolène Royal à Charléty
(On y était, on mettra bientôt les photos en ligne)
Devant plus de 60 000 personnes, Ségolène Royal s'engage à "rassembler toutes les énergies d'où qu'elles viennent" si elle était élue, disant avoir "entendu" à la fois les messages des candidats de gauche et des électeurs centristes.
"Je ne désignerai aucun ennemi sur le territoire français et même ceux qui n'ont pas mon opinion politique seront associés aux réformes. Je rassemblerai toutes les énergies d'où qu'elles viennent".
"J'ai entendu les candidats de la gauche antilibérale : oui, « la vie vaut mieux que les profits », j'ai entendu l'idéal altermondialiste : « un autre monde est possible »". "J'ai entendu le message des électeurs du centre et des républicains de progrès : rien ne se fera sans goût de la démocratie, sans une Europe qui fonctionne et surtout sans un Etat impartial".
Ségolène Royal revient sur les propos de Nicolas Sarkozy "Il disait que tout était de la faute de mai 68. Quelle mouche l'a piqué? Car Mai 68, c'était il y a 40 ans". "Tout semblait calme autour du Palais omnisports de Bercy", poursuit-elle en évoquant le meeting au cours duquel Nicolas Sarkozy a souhaité dimanche voir "liquider" l'héritage de 68: "Mais à l'écouter, à l'intérieur, ce n'étaient que voitures fumantes, barricades, charges de police, délitement des valeurs, laxisme des moeurs, crise de l'autorité".
"La machine à remonter le temps avait été mise en marche. A Bercy, on était en juin 68. Moi, je ne souhaite pas que la France parvienne à ce point de blocage pour précisément susciter comme en mai 68 des révoltes, des revendications, des grèves qui ont tout bloqué".
"Le Palais de Bercy, ce n'est pas la remontée des Champs Elysées, Malraux, ce n'est pas Doc Gynéco, François Mauriac, ce n'est pas Bernard Tapie, et Nicolas Sarkozy, ce n'est pas le général de Gaulle. Alors il faut garder son calme et son sang froid et réformer la France avant qu'elle ne se soulève".
"A Bercy, on a fait ovationner le mot Kärcher, on a parlé de liquider une partie de notre histoire. J'appelle tous les Français à y réfléchir en conscience, à se rassembler sur d'autres valeurs".
"Nous savons à quoi va conduire le passage en force et la brutalité. La fameuse rupture annoncée est une fracture républicaine".
"Je vous salue peuple de France, peuple libre, peuple fier, peuple insoumis et qui veut la victoire".
Elle poursuit :"J'ai reçu tellement de bonheur partagé ce soir que tout le reste est oublié. Je suis avec vous, libre, droite, pour, dimanche prochain, faire gagner la France".
"Je suis solide, je le savais mais le courage du combat politique, je l'ai construit avec vous pendant les 18 mois de campagne électorale. Mon courage, c'est vous, mon courage, c'est pour vous, mon projet, c'est vous!".
Ségolène Royal veut "pour son pays la paix et la fraternité". "Vous êtes là pour une France rassemblée et fière de l'être. Vous êtes là pour une France qui libère les énergies, crée des richesses et les répartit bien" ajoute-t-elle, invitant les Français à "écrire une nouvelle page de l'histoire de France" dimanche.
"Maquiller un bilan n'est pas tâche facile. Certains réécrivent l'histoire, captent celle des autres pour brouiller les pistes et créer de la confusion dans les esprits".
"Nous ne sommes pas rassemblés un 1er mai par hasard. Cette date a un sens historique. Elle est la fête de la solidarité et de la demande de dignité du monde ouvrier".
Déclinant les principales mesures de son programme, elle s'engage à revaloriser les bas salaires, affirmant que "la vraie valeur travail, c'est d'abord payer le travail à sa valeur".
Ma candidature "c'est le choix de l'audace, mais aussi de la réconciliation; c'est le choix de l'harmonie, c'est le choix de la paix, de la réussite, de la justice, de l'énergie, c'est le choix d'une France plus juste et donc d'une France plus forte".
"La voulez-vous, cette France qui se relève ? La voulez-vous, cette France souriante ? La voulez-vous, cette France optimiste ? La voulez-vous, cette France qui tend la main ? La voulez-vous, la liberté ? La voulez-vous, l'égalité ? La voulez-vous, la fraternité ?"
"La voulez-vous la victoire ?" "Alors en avant, rassemblons-nous, prenons-nous la main, aimons-nous les uns les autres, construisons ensemble".
01 mai 2007
La ligue des droits de l'Homme et le SNJ appellent à voter pour Ségolène Royal
La Ligue des Droits de l'Homme appelle
à voter pour Ségolène Royal
NOUVELOBS.COM | 28.04.2007 | 18:05
(Voir aussi, article du nouvel obs. sur :
http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/politique/elysee_2007/20070428.OBS4553/redir_la_ldh_appelle_a_voter_segolene_royal.html)
Communiqué de la LDH
Contre-pouvoir et association civique luttant contre
l'arbitraire, l'injustice et l'intolérance, la Ligue
des droits de l’Homme n’intervient dans le débat
électoral que si le bon fonctionnement de la
démocratie, l'effectivité de la citoyenneté et le
respect des principes de liberté, d'égalité et de
fraternité sont en jeu.
Nous venons de vivre cinq années de régression des
libertés, de l’égalité et de la fraternité. Tous les
pouvoirs ont été accaparés par un seul courant
politique. L’autoritarisme, le recours aux moyens
d’exception ont accompagné le renforcement du contrôle
social, le choix du tout répressif, le recul des
droits des justiciables, les attaques contre
l’indépendance des juges. L’insécurité sociale a été
renforcée pour les plus faibles, la protection sociale
fragilisée, la précarité du travail encouragée. Les «
marginaux », les « différents », les jeunes des
quartiers défavorisés, ont été traités en boucs
émissaires, les étrangers traqués jusque dans les
écoles maternelles, les familles les plus démunies
sanctionnées pour leur pauvreté.
Si Nicolas Sarkozy se voyait confier la plus haute
charge de l’Etat, nous ne pourrons pas dire que nous
ne savions pas : loi durcissant encore la répression
pénale, nouvelle loi anti-étrangers, contrat de
travail « unique » se substituant au CDI, sans parler
du ministère de l’« identitaire » et de l’immigration…
Il est de notre devoir d’alerter les citoyennes et les
citoyens de ce pays : la poursuite et l’amplification
de la politique menée depuis cinq ans ne serait pas un
«rêve» mais un cauchemar. Nous ne voulons pas d’une
démocratie muselée qui, parce qu’elle laisserait sur
le bord de la route des millions de personnes,
attiserait le communautarisme, le racisme,
l’antisémitisme et la xénophobie et ouvrirait la voie
aux révoltes sociales.
Nous voulons une autre France : fière de sa diversité,
soucieuse que chacun puisse réaliser ses aspirations,
porteuse des libertés et rénovant sa démocratie. La
France n’est jamais aussi grande que lorsqu’elle met
ses actes en accord avec son ambition séculaire de
voir tous les droits valoir pour tous. Pendant qu’il
en est temps, la LDH appelle les électeurs à choisir
la solidarité et non la peur, le respect et non les
menaces, l’égalité et non les discriminations.
La Ligue des droits de l’Homme appelle à voter et à
faire voter, le 6 mai 2007, pour Ségolène Royal.
Paris, le 28 avril 2007.
Source :
http://www.ldh-france.org/actu_derniereheure.cfm?idactu=1445
Syndicat national des journalistes
Premier syndicat français de journalistes
Débat empêché, démocratie bafouée !
Avec le pitoyable feuilleton du débat empêché entre
Ségolène Royal et François Bayrou, les médias se
trouvent une nouvelle fois au cœur d’une des bavures
majeures de la campagne électorale.
L’arithmétique pointilleuse du CSA d’un côté, le poids
des sympathies auprès du candidat Sarkozy de l’autre,
font que le devoir d’informer subit une entrave
insupportable dans une démocratie comme la nôtre.
Les concentrations excessives dans la presse française
; les amitiés particulières entre le monde politique
et les directions des médias ; la façon dont sont
nommés les membres du CSA, jettent la suspicion sur
tout un secteur professionnel et constituent une
atteinte directe au droit légitime des citoyens d’être
correctement informés.
Le SNJ, premier syndicat chez les journalistes,
dénonce avec vigueur ce déni de démocratie. Cette
situation le conforte dans sa lutte pour une véritable
indépendance des médias, des équipes rédactionnelles,
et l’inscription dans la Constitution du droit à une
information honnête, complète, pluraliste et
indépendante des pressions politiques.
le 27 avril 2007
(source :
http://www.snj.fr/article.php3?id_article=477)
28 avril 2007
Après Axel Kahn, d'éminents généticiens condamnent les propos de Nicolas Sarkozy
Les propos de Nicolas Sarkozy [« J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile… » ou « Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense." ] ont appelé des commentaires de généticiens, comme Axel Kahn, sur les ondes de quelques radios ou dans les pages de quelques journaux, et, en attendant la réaction des sociétés savantes (il y en a huit, dont la Société Française de Génétique et la Société Française de Génétique Humaine) sur un sujet qui devraient les rappeler à de douloureux souvenirs, il semble utile aux signataires de ce texte de s’adresser à l’opinion.
Il faut rappeler que cette question de l’hérédité, comme déterminant possible de faits sociaux, est une vieille histoire dans laquelle la génétique balbutiante des années 20-30 s’est fâcheusement compromise. Mais le développement de cette discipline a permis, avec le temps, de prendre conscience et de mesurer l’ampleur des simplifications abusives et des aberrations auxquelles certains de ses disciples s’étaient laissés aller durant cette période.
1. Un peu d’Histoire :
- Depuis 1869 et la publication par Francis Galton de l’ouvrage sur « l’hérédité du talent », tout un courant faisant indûment appel au Darwinisme, sous la forme dite du « Darwinisme social », prétend que les maux dont souffre la société, le paupérisme, l’alcoolisme, les déviances sexuelles, les pathologies psychiatriques, seraient d’origine naturelle, donc de naissance car déterminées par l’hérédité qui a pris ensuite le nom de génétique (le développement de la génétique moderne ne datant que des années 1910-1920).
- A partir de ce point de vue, Galton en 1883 et bien d’autres (Weismann et Haeckel en Allemagne, Gobineau, l’un des initiateurs du concept de race aryenne, et Vacher de Lapouge en France), ont développé un Eugénisme qui consistait à dire que, si toutes ces tares étaient d’origine génétique, il convenait d’en tarir la source : les américains, les suédois et les allemands entreprirent des stérilisations forcées, parfois massives ; les nazis allèrent plus loin en 1934 avec l’éradication par euthanasie. Les anglais, au nom de l’Habeas Corpus, ne firent rien.
- En France, ce type d’opinion a toujours été minoritaire et le fait de cercles d’extrême droite : notre prix Nobel de médecine, Charles Richet, soutenu par un autre prix Nobel, Alexis Carrel, proposa en 1919 « la suppression des anormaux » et leur collègue, le Dr Binet-Sanglé leur en suggéra le moyen par « l’utilisation du gaz ». Mais sous Vichy, les seules mesures prises seront de type nataliste et non eugénique.
Toujours est-il qu’il convient, devoir de mémoire et conscience citoyenne obligent, de connaître son Histoire.
2. Un peu de génétique :
Les généticiens passent leur temps à démontrer au laboratoire, et à enseigner à leurs étudiants, que si « rien de biologique n’existe sans les gènes », il est absurde d’imaginer que « tout est dans les gènes », cela vaut pour l’intelligence, le génie ou la sexualité et ses déviances.
De la même manière, il est absurde de considérer que tout le Requiem de Mozart est dans sa partition, puisque ce qu’on entend dépend aussi des interprètes, de leurs instruments et du chef d’orchestre.
Les gènes (la partition) ne suffisent donc pas à déterminer un caractère complexe comme un comportement, cognitif ou sexuel, car le vécu (l’orchestre et les instruments), en l’occurrence, l’éducation, l’apprentissage ou le manque d’apprentissage, viennent superposer leurs effets, de la même façon que les couches répétées de neige viennent enrober les reliefs rocheux au point de pouvoir en « effacer » les formes.
On sait qu’il existe des facteurs génétiques de risque pour le diabète ou l’obésité, mais même ici, le généticien ne dira pas que c’est de naissance, puisque la maladie suppose, pour se développer, l’adjonction de nombreux facteurs de risque du milieu.
Si des facteurs de risque peuvent éventuellement exister, encore qu’on n’en a pas le moindre début de preuve, pour le suicide ou la pédophilie, il serait de toute façon absurde de dire que « c’est de naissance ». Dire cela revient à simplifier outrageusement le problème en réduisant sa causalité à un déterminisme génétique supposé et non démontré, alors qu’il existe un déterminisme social ou sociétal évident, massif et accessible à la connaissance : on ne peut disculper la société de sa responsabilité dans le suicide ou la pédophilie en faisant appel à d’hypothétiques facteurs génétiques de risque. Pour prendre un exemple tragiquement récent, la société américaine ne saurait éviter d’analyser ses propres responsabilités dans la tuerie du campus de Virginia Tech au motif que le tueur était dépressif et violent et qu’il pourrait peut être y avoir des facteurs génétiques de risque.
Est-il besoin aussi de rappeler qu’il est possible d’agir sur les facteurs du milieu par l’action sociale ou éducative alors qu’il serait difficile d’agir sur des facteurs génétiques, à moins de retomber dans les errements du passé rappelé ci-dessus ?
3. Que penser de ces propos ?
Soit il s’agit de propos délibérés, soit il s’agit de propos maladroits.
La première hypothèse serait grave car elle signifierait qu’ils sont destinés à un frange très extrême de l’électorat et, au demeurant, « maladroits car bien à droite » et pouvant indisposer une fraction beaucoup plus majoritaire de cet électorat (il suffit de considérer la réaction immédiate de l’église catholique, traditionnellement opposée à toute forme d’eugénisme).
La seconde, la maladresse, est plus vraisemblable, mais n’en est pas moins inquiétante si on considère que cette réaction spontanée traduirait alors le fond de la pensée de Nicolas Sarkozy sur le déterminisme de certains des maux tragiques de notre société.
Ceci semble bien confirmé par les propos additifs des jours suivants ; ce type de pensée à l’Elysée constituerait là aussi une rupture avec la tradition française.
Les signataires de ce texte sont en coms !
27 avril 2007
Tous les membres de l'UDF ne rejoignent pas Sarkozy !
Certains s'engagent maintenant clairement à voter pour Ségolène Royal au
deuxième tour de
Obtenir des soutiens d'Olivier Besancenot à une attachée parlementaire UDF,
notre Super Wonder Woman prouve déjà l'ampleur des ses superpouvoirs !
Voici le début du post de Quitterie expliquant son soutien à Ségolène Royal
sur son blog :
"Pourquoi donner ma position personnelle sur mon vote ?
Parce que je veux participer de tout mon poids à la création du mouvement des
démocrates aux côtés de François Bayrou. Mon engagement personnel s’est
toujours fondé sur le dépassement des clivages gauche-droite. J’aime cette
France qui s’engage dans les entreprises comme dans les associations. J’aime cette France rassemblée pour
affronter les enjeux cruciaux qui nous attendent. Je me bats aussi pour le
renouvellement du personnel politique. Pour ma génération, pour qu’elle
devienne enfin co-décisionnaire de son avenir.
Je me bats pour rétablir le lien de confiance entre les Français et leurs
élus, et donc pour le changement des pratiques politiques. Je souhaite
aujourd’hui montrer aux yeux de tous, que les acteurs qui accompagnent François
Bayrou dans son combat viennent de toutes les origines, toutes les diversités,
mais se rassemblent autour de lui dans un objectif commun : fonder cette force
politique nouvelle, la troisième voie, celle qui apaisera et permettra de mener
les réformes en France de manière pragmatique et non idéologique.
Des parlementaires se sont exprimés, certains en faveur de Nicolas Sarkozy.
Je suis heureuse d’être dans un mouvement où la parole est libre, la décision
personnelle aussi.
Je ne souhaitais pas qu’on n’entende qu’un son de cloche d’élus qui ne
représentent pas forcément toutes celles et tous ceux qui ont rejoint François
Bayrou et qui se battent en son nom pour la création d’une nouvelle ère
politique.
La logique d’internet est une logique de réseau, où la prise de parole est
égale et non hiérarchique. Je suis heureuse d’en être un exemple.
Si je ne vote pas à titre personnel Nicolas Sarkozy, c’est que sa dérive
droitière durant la campagne sur le Ministère de l’immigration et de l’identité
nationale et ses propos sur l’eugénisme font de lui un incroyable conservateur.
Je suis déjà d’ores et déjà en opposition politique avec ses idées..."
La suite sur le blog de Quitterie
Et son interview où elle s'explique :
Quitterie Delmas vote contre Sarkozy
envoyé par marianne2007
25 avril 2007
Nicolas Sarkozy et le culte de la personnalité
On le sait Nicolas Sarkozy a l'intention de créer un super ministère de l'éducation, des médias et de la communication, une initiative qui fleure bon les pires tentative de manipulation des masses par certains dictateurs, ajoutons à cela ses liens d'amitié avec les familles Bouygues et Lagardère et l’on devine comment la "machine à penser" peut se mettre en place...
Vous me direz Nicolas Sarkozy est un républicain et un démocrate, il respecte le jeu démocratique Voire, souvenez-vous du livre "interdit" sur Cécilia, de l'affaire Genestar et de la mise en place progressive des machines à voter. Détails que cela ? Il y a un autre détail qui en dit long sur l'état d'esprit du candidat de l'UMP et de son rapport à son image. Que certains politiques, qui sont des hommes publiques, soignent leur image et aient même recours parfois à la chirurgie esthétique, cela peut prêter à sourire mais cela se conçoit.
En revanche, le petit Nicolas est obsédé par sa taille, porte des talonnettes et n'hésite pas à truquer les photos pour tricher avec celle-ci (1m62). Je suis moi-même petit, mais je vis très bien avec. Peut-être parce que j'aime l'histoire et que j'ai en mémoire les hommes célèbres qui trichaient avec leur taille et/ou portaient des talonnettes : Mussolini, Hitler, Staline et plus récemment Kim Jong-il. J'exagère ? Nicolas Sarkozy n'a pas de tendance à la mégalomanie et au culte de la personnalité ?
Observons la boutique du PS au sujet de la campagne présidentielle :
Des badges, des drapeaux, des affiches, du classique...
La boutique de Nicolas Sarkozy (qui se distingue de celle de l'UMP) :
Si vous trouvez qu'avec la boutique de Nicolas Sarkozy, on est dans la mesure, l'humilité et l'esprit démocrate et républicain, libre à vous...
Si vous faites partie de ceux qui s'avouent battus d'avance parce qu'il y a 5 points à remonter (pour info un sondage de ce matin donne Sarko à 51% autant dire qu'avec la marge d'erreur tout est envisageable), achetez vite un sac à son effigie, cela vous évitera peut-être d'être au ban de la société dans quelques mois...
Car ils seront nombreux au ban de la société, regardez cette affiche pour vous en convaincre :
23 avril 2007
Trois bonnes nouvelles….
…et trois mauvaises nouvelles.
Les trois bonnes nouvelles : Notre Super Wonder Woman est au second tour et le taux de participation est supérieur à 85 %. Ce taux élevé est un bel exemple de civisme après le 21 avril 2002. Il prouve que les Français ont tiré les leçons de leurs errements du passé. Espérons qu’ils tireront aussi celles du bilan de ces 5 dernières années. La troisième bonne nouvelle est le score en baisse à 11 % du candidat du Front National, son plus bas à une élection présidentielle depuis 1974. Espérons que la baisse continuera dans les prochains scrutins.
Les trois mauvaises : Nicolas Sarkozy fait la course en tête avec 5 points d’avance sur Ségolène Royal. Les partis de la gauche gouvernementale à l’exception du PS font un score historiquement faible. Le réservoir de voix pour Ségo n’est donc pas très élevé. Enfin, il y a encore plus de 4 millions de Français pour voter pour le candidat d’un parti ouvertement xénophobe, haineux et fascisant.
Il faudra donc tous ses supers pouvoirs et tout notre soutien à notre Super Wonder Woman pour refaire son retard sur Nicolas Sarkozy et s’imposer au second tour. L’exercice vous semble trop difficile ? Je ne le crois pas et ce pour trois raisons :
1) Le pacte présidentiel. Il ne faut pas hésiter à promouvoir encore et encore les 100 propositions de Ségolène Royal et les 7 piliers du pacte. Toute personne disposée à suivre un programme concret, raisonnable, positif et porteur d’une dynamique de progrès social ne peut qu’être séduite par ce programme.
2) Les électeurs de François Bayrou. Tous ceux que je connais autour de moi s’abstiendront ou voteront Ségolène Royal au second tour. Cela va dans le sens d’une récente étude de la Sofres qui établit que 50 % d’entre eux voteront pour Royal et 35% pour Sarko. Cela donnerait 9 points de plus pour Ségo et 6 points de plus pour Sarko. Soit 34 points pour Ségolène et 36 points pour Sarkozy, ça se resserre.
3) L’effet anti-Sarkozy. La personnalité du Président de l’UMP, son comportement depuis 5 ans (voire plus pour ceux qui le suivent depuis longtemps) ne laissent pas indifférents et ne manquent pas d’en inquiéter, plus d’un, à juste raison. D’ores et déjà au soir de ce premier tour, certains leaders de la droite réclamaient un débat programme contre programme et d’épargner leur candidat qui serait victime « d’attaques personnelles ». On comprend leurs craintes et leur intérêt à éluder les actes de Nicolas Sarkozy ses dernières années.
Ces trois axes doivent rendre possible la victoire si tout le monde s’emploie à soutenir la candidate du progrès social. Des doutes ?
Reprenons notre calculette. Nous avons laissé Ségolène à 34 points et Sarkozy à 36 points. Continuons à étudier le potentiel de chaque candidat.
Toujours d’après la Sofres, les électeurs de Le Pen voteront à 60 % pour Sarkozy et 20 % pour Royal. Cela donne 2 points de plus pour Ségo (36 points au total) et 6 points de plus pour Sarko (42 points au total).
La situation semble désespérée ?
Pas vraiment, allons plus loin :
- Potentiel restant pour Nicolas Sarkozy : Nihous et de Villiers soit 3,5 points. Le total de Nicolas Sarkozy serait alors de 45,5 points
- Potentiel restant pour Ségolène Royal : Voynet, Buffet, Besancenot, Bové, Schivardi soit 9,5 points (je ne compte volontairement pas Laguiller dont les électeurs se reportent peu sur la gauche gouvernementale même si Arlette votera officiellement pour Ségolène). Le total de Ségolène Royal serait aussi de 45,5 points.
On pourrait affiner ce calcul avec les résultats définitifs, on pourrait aussi tenir compte d’une part d’électeurs de Laguiller votant pour Royal et ceux des autres candidats de gauche qui s’abstiendront. On pourrait aussi prendre en compte les électeurs de Villiers et Nihous qui ne voteront pas pour Sarkozy et s’abstiendront ou voteront pour Royal. Il est probable que ces effets s’annuleront.
Ce calcul montre qu’au-delà des sondages pour le second tour faits dans la soirée du 22 avril et donnent Sarkozy largement vainqueur, il y a un potentiel électoral pour la victoire qui se constitue d’environ 9 points au centre et 9 points à la gauche de la gauche. Si cette addition se réalise, une victoire à l’arraché est envisageable. Pour la première fois un candidat du centre a plus fait de critiques dans sa campagne contre le candidat conservateur que contre la candidate socialiste, pour la première fois Arlette Laguiller appelle à voter pour le candidat du parti socialiste au second tour de l’élection présidentielle. Ce sont des signes qui ne trompent pas et qu’il faudra transformer en bulletins dans des urnes.
Si nous faisons tous un effort pour notre candidate, si sa campagne dans les deux semaines qui viennent est bonne et conduite jusqu’au bout par tous sans renoncer à rien et en rappelant les valeurs fondamentales de la République que nous aimons, qui font rayonner la France et sont foulées au pied par le programme et les actes de Sarkozy depuis 5 ans, la victoire est possible !
20 avril 2007
Dernier sondage pour l'élection présidentielle...
Le dernier sondage publié, c'est-à-dire celui IFOP-Fiducial pour Métro en date du 20 avril est franchement inquiétant.
On va me dire : "tu cherches à faire peur", "c'est de la manipulation", "les précédents sondages n'étaient pas si mauvais", etc.
C'est marrant, mais c'est exactement ce que j'ai entendu en les 19 et 20 avril 2002, quand j'ai dit à des amis de gauche qu'il ne fallait pas exclure une présence de Le Pen au 2e tour et d'être contraint de voter Chirac...
Je ne suis pourtant pas gourou politique, astrologue ou statisticien. Simplement je prends les sondages pour ce qu'ils sont : une photo à un instant T ayant une marge d'erreur de 2 à 3 % et qu'il faut lire en tendance.
Les sondages ne préjugent pas d'un résultat ou même d'un classement précis, comme trop souvent les infographies des journaux nous le laissent penser. Ils nous décrivent un univers des possibles et lus dans la durée, ils décrivent des tendances de fond. À partir de là, on tire des conclusions et fait ses choix.
Or, en 2002, les derniers sondages nous indiquaient un Le Pen à 15 % et un Jospin à 19 ou 17 %. Les sondages du premier montaient et ceux du second baissaient, il n'était pas difficile d'envisager comme possible et même probable qu'ils soient très proches voire même que Le Pen soit devant Jospin même si aucun sondage n'avait encore donné Le Pen devant ou au même niveau que Jospin.
L'outil est donc fiable, il ne faut simplement pas le confondre avec Mme soleil ou une grille d'horaire de la SNCF.
Aujourd'hui, le dernier sondage de l'IFOP donne Ségolène Royal à 22,5%, François Bayrou à 20 % et Le Pen à 13 %. Sarkozy se maintient en tête à 28 % :
Bayrou monte et Ségolène baisse, , Sarkozy baisse régulièrement, mais il a une telle avance que sa première place et l'avantage que cela confère (avantage psychologique et avantage numérique de faire la course en tête) ne semblent pas contestables.
Le Pen fera probablement un bon score, mais ne sera vraisemblablement pas présent au second tour.
Les petits candidats auront une candidature de témoignage et vraissemblablement guère plus d'un ou deux d'entre eux seront remboursés de leurs frais de campagne. Si la lutte titanesque entre Nihous et Voynet pour savoir qui sera devant l'autre vous passionne car vous pensez que cela aura un impact réel sur la société de demain, gardez vos oeillères, tout va bien...
Pour ma part, je suis franchement préoccupé par le duel entre François Bayrou et notre Super Wonder Woman. En chiffres brut, il est derrière, certes. Mais si on tient compte du fait que les sondages de Ségolène sont stables depuis début avril (pour le premier tour car dans les enquêtes sur le second tour, elle progresse) alors que Bayrou monte, tout cela mis en perspective avec la marge d'erreur. On peut légitimement penser que cela se jouera dans un mouchoir de poche et que chaque voix comptera.
Dans mon cas, il n'y a pas d'hésitations, mais pour beaucoup, le choix se fera dans les dernières heures. J'en veux pour preuve le nombre considérable de personnes qui accèdent à ce blog après avoir tapé : "choisir son candidat" dans google !
La proportion est impressionnante.
Je crois qu'il nous appartient de nous mobiliser dans la dernière ligne droite, de rappeler l'importance de tourner la page du 21 avril 2002, la qualité du programme de Ségolène,et la force du symbole d'une femme à la présidence. Si deux fois de suite, la gauche n'est pas présente au second tour de l'élection présidentielle que l'on ne s'étonne pas de voir les valeurs de solidarité de la gauche régresser dans le débat politique, de voir partout le conservatisme faire florès sous prétexte de modernité, de voir les réflexes de peur et de replis de plus en plus exploité.
Il nous appartient individuellement de prendre nos responsabilités pendant ce week-end, on ne pourra pas dire que l'on n'a pas été prévenu !
En attendant, et conformément aux recommandations du FDI, ce blog ne sera plus mis à jour et ne bénéficiera plus de flux RSS ou de commentaires jusqu'à dimanche 22 avril au soir.
19 avril 2007
Ho ! Le joli parachute doré !
Selon des informations publiées, mercredi 18 avril, par le magazine Challenges, le ministre de l'économie, Thierry Breton, serait personnellement intervenu, contre l'avis du conseil d'administration d'EADS, pour que l'ancien PDG, Noël Forgeard, puisse bénéficier de ses indemnités de départ. D'un montant de 8,5 millions d'euros, celles-ci ont provoqué un tollé, que les candidats à la présidentielle ont largement relayé.
La suite de cet article du Monde :
Thierry Breton mis en cause dans l'affaire du parachute doré de Noël Forgeard
LEMONDE.FR | 18.04.07
François Hollande a demandé la démission de Thierry Breton. J'epsère que ceux qui l'imaginent trop mou s'en souviendront à l'avenir.
Il y a quelques jours, un post court et clair d'Etienne Mercier sur le Blog de la section Pierre Bérégovoy résumait très bien la situation à mes yeux :
"8,5 M€ de prime d’échec !
A
l’heure où nous débattons de chômage, où nous tentons de réduire les
inégalités en instaurant la gratuité des transports pour les Rmistes,
où nous essayons par tous les moyens, là où nous sommes, de lutter
contre les injustices et les inégalités, Jean Noël FORGEARD est parti
de la co-présidence d’EADS avec 8.5 millions d’euros (56 millions de
Francs) !!! En même temps, la grève chez PSA Aulnay se solde par un
échec pour les travailleurs pauvres du constructeur automobile. Pensez
donc : 300 € par mois c’est beaucoup trop !
Après
tant d’autres, ce Patron qui a échoué et dont l’entreprise s’apprête à
licencier 10 000 personnes, s’en va avec de quoi nourrir leur familles
pour longtemps.
C’est ignoble."
15 avril 2007
La France plus sure avec Sarkozy ?
Pas pour deux jeunes maghrébins sans histoires qui ont eu le malheur de traverser la place de Thizy (Rhône), un village de la "douce France, pays de mon enfance" alors que des militants du FN faisaient la promotion de leur candidat.
Bilan : mâchoire fracassée points de sutures et hématomes pour avoir traversé une rue...
Libération retrace les faits dans un article, hélas, édifiant.
Même dans ce village qui vote pour le Front National à 30 %, les habitants ont été choqués. Il est vrai que, pour beaucoup, ils ont réalisé où conduit le fait de tenir certains propos "politiquement incorrects" ou de mettre certains bulletins dans une urne. L'évolution des mentalités et des résultats électoraux conduit aussi à une évolution des comportements.
On se sent plus libre de ratonner tranquillement aux yeux de tous et en plein jour, et ensuite on demande à ne pas payer sa consommation au bar du coin parce que l'"on rend service à la France"...
On peut aussi crier des propos xénophobes sur une place de marché, pas de soucis. Ils ne leur manquaient plus qu'un Kärcher...
Évidemment Nicolas Sarkozy condamnera les faits alors qu'il est lui-même l'un des vecteurs de ce climat de haine !
Encore que sa réaction tarde à venir... Il est vrai que cette agression, dont les tenants et les aboutissants politiques sont évidents, n'a pas encore eu droit au même traitement médiatique que le fait divers dont a été victime papy Voise en 2002...
Bruno Gollnisch a été plus prompt à réagir pour déclarer que ce sont ses militants qui auraient été attaqués par "une bande ethnique", "des jeunes d'origine immigrée qui sèment la terreur dans ce bourg paisible". Mais il est vrai que dans l'esprit de Bruno Gollnisch tout jeune maghrébin est forcément membre d'"une bande ethnique" et plus ou moins en train de préparer la mise en coupe réglée d'un quartier de France.
Pas de bol, en fait de bande, ils n'étaient que deux, l'un au chômage - comme beaucoup de jeunes d'origine immigrée âgés d'une vingtaine d'année -, l'autre salarié dans l'imprimerie, tous deux sans casier judiciaire. Ils étaient en effet connus des habitants du village... mais comme des types tranquilles...
Bien entendu tout cela n'a rien à voir avec des discours qui prétendent "nettoyer les quartiers", "identifier des gens génétiquement délinquants", "mettre en place une tolérance zéro" ou "une immigration zéro", "dénoncer l'islamisation du pays", ou encore le grand retour des préjugés qui consistent à voir en tout maghrébin (ou tout musulman) un intégriste au comportement violent et potentiellement terroriste, encourager les contrôles au faciès, s'imaginer que les Arabes sont des voleurs et des parasites sociaux, éviter la mixité sociale (et ethnique) à l'école, etc.
Ce triste événement et le peu d'échos qui lui est donné est symptomatique d'une certaine dérive de la France, dérive qui s'est accentuée depuis 5 ans. Il n'est pas inutile de rappeler que l'un des meilleurs moyens de lutter contre cette dérive est de voter pour Ségolène Royal les 22 avril et 6 mai prochain et de diffuser largement cette information puisque les médias semblent plus intéressés par l'évolution de la courbe des sondages.








